Tandolly

Expliquer ses douleurs en espagnol à la pharmacie sans stresser

Expliquer ses douleurs en espagnol à la pharmacie sans stresser : vocabulaire pharmacie pour un espagnol débutant

Six mots. C'est tout ce qu'il m'a fallu, un après-midi de canicule à Madrid, pour que le pharmacien me comprenne sans changer de langue : gorge, tête, ventre, fièvre, comprimés, et une petite structure qui a remplacé toute la grammaire que je croyais indispensable, me duele (j'ai mal à). Enregistrez-la dans les notes de votre téléphone avant même de partir, c'est le seul filet de sécurité qu'il vous faut pour la santé en voyage en Espagne, celui qui m'a manqué ce jour-là, debout devant une croix verte qui clignotait, le front brûlant, incapable de me rappeler comment dire « j'ai mal à la tête », moi qui restais une éternelle débutante en espagnol depuis des années.

Une précision avant d'aller plus loin : si vous démarrez une méthode via un lien de cet article, la plateforme me reverse une commission, sans que cela change quoi que ce soit à votre facture. Je ne recommande que des parcours suivis moi-même, depuis mon tout premier mot bafouillé dans ma cuisine à Tours. Un lien qui n'est pas affilié est toujours signalé comme tel.

Le vocabulaire de pharmacie qui sauve la mise

On a chacun une bonne raison de repousser l'apprentissage d'une langue. La mienne, c'était l'idée qu'il fallait être presque parfaite avant d'ouvrir la bouche. Je suis libraire, j'aime les mots bien rangés, alors j'avais d'abord tenté la voie sérieuse : un cours du soir à la MJC, cahier neuf et bonnes résolutions. Deux séances plus tard, j'avais tout arrêté, noyée sous des tableaux de conjugaison avant même d'avoir appris à dire bonjour. Ce jour-là, sous le soleil de plomb espagnol, cette expérience ratée ne me servait pas davantage. J'avais besoin d'aspirine, pas d'un diplôme. En Espagne, la pharmacie se repère de loin grâce à sa croix verte, mais une fois devant, la porte automatique m'a semblé être l'entrée d'un tribunal.

Quelques mois plus tôt à Tours, j'avais troqué mes excuses contre une méthode courte, Espagnol Express A1 [Le plus simple pour démarrer], apprise par petits blocs de quelques minutes, une routine minuscule répétée chaque jour plutôt qu'un gros effort ponctuel, souvent en faisant la vaisselle avant de partir travailler. Vers la douzième semaine, en relisant mes tout premiers carnets griffonnés de ces débuts-là, j'ai vu des mots qui m'avaient semblé impossibles au départ devenus complètement évidents, presque banals. Ce souvenir m'a suffi, devant la pharmacie madrilène, pour fermer les yeux une seconde et me dire : tu n'es pas à un examen, tu veux juste de l'aspirine, lance-toi.

Carnet de notes avec du vocabulaire espagnol de pharmacie à côté de médicaments, pour apprendre l'espagnol débutant

Me duele remplace toute la grammaire compliquée

Pour viser le niveau A1 du CECRL, pas besoin de conjugaisons savantes. Il faut des structures qui marchent à tous les coups, et la plus utile pour votre santé tient en deux mots : me duele (prononcez à peu près « mè dou-è-lè »). Elle porte tout le sens à elle seule : me duele la cabeza pour un mal de tête, me duele la garganta pour une gorge qui gratte, me duele el estómago pour un ventre qui proteste. Ce sont exactement le genre de mots à haute fréquence qu'on a intérêt à apprendre avant tout le reste, bien avant les règles de grammaire qu'on croit indispensables au démarrage.

Le secret, c'est de ne pas viser des phrases à rallonge. À la pharmacie, j'ai senti le carrelage glacé sous mes sandales pendant que j'essayais de calmer ma respiration avant de parler. J'ai bafouillé « tengo dolor de... la chose, là » en montrant ma gorge, avant de retrouver le mot exact, garganta, appris la veille. Le pharmacien a souri, et j'ai senti le soulagement descendre d'un coup dans ma poitrine quand il a hoché la tête. Si vous avez déjà appris à utiliser le verbe tener en espagnol pour exprimer ses besoins de base, vous pouvez aussi dire tengo fiebre (j'ai de la fièvre). Simple, efficace, et ça vous sauve la mise, dans ce genre de vocabulaire de survie en voyage qu'on n'a pas le temps d'improviser sur place.

Voyage avec un enfant : deux chiffres à connaître par cœur

Les guides de conversation classiques montrent vite leurs limites ici. Décrire une douleur pour soi est une chose, mais parler des symptômes d'un petit qui ne parle pas encore en est une autre. Les pharmaciens espagnols sont pointilleux sur les dosages, et il leur faut deux informations avant de vous donner quoi que ce soit de pédiatrique : l'âge et le poids. Préparez ces deux phrases avant de partir, tiene [nombre] meses (il ou elle a X mois) et pesa [nombre] kilos (il ou elle pèse X kilos). Sans elles, on ne vous donnera rien.

Une lectrice, Ophélie Sauvage, m'a écrit après un premier article où je racontais mes abandons en série, pour signaler un détail que presque personne ne mentionne : le mot espagnol pour « pharmacie de garde » ne ressemble à rien de connu en français, et mieux vaut le repérer avant d'en avoir besoin en pleine nuit avec un enfant fiévreux. Le panneau à chercher, c'est farmacia de guardia. Ce genre de repère pratique, glané dans les échanges avec les lecteurs, vaut souvent plus que dix pages de grammaire. Pensez aussi à vérifier les dates si un traitement dure plusieurs jours, en vous aidant de comment apprendre les jours et les mois en espagnol pour voyager sereinement.

Objets pour bébé et thermomètre évoquant la santé en Espagne pendant un voyage avec un enfant

Constipado ne veut pas dire ce que vous croyez

L'espagnol est traître pour nous, les francophones. On croit deviner, et on se plante royalement. Le piège numéro un en pharmacie, c'est le mot constipado. Dites « estoy constipado » au pharmacien et il ne vous tendra pas un laxatif mais un remède contre le rhume, puisqu'en espagnol estar constipado veut dire avoir un rhume. Pour le problème intestinal, on dit estar estreñido. Mieux vaut le savoir avant d'improviser un mime gênant devant le comptoir.

Autre surprise, plus douce celle-là : le tutoiement. En Espagne, même à la pharmacie, il est courant qu'on vous tutoie d'emblée, surtout si vous avez l'air un peu perdue ou que l'ambiance est détendue. Ce n'est pas un manque de respect, juste une chaleur locale à laquelle on s'habitue vite. Ce jour-là de canicule, j'ai aussi dû préciser que je ne voulais pas de crème mais des comprimés, avec le mot pastillas. Une petite victoire : j'avais réussi à nuancer ma demande, preuve qu'avec un simple niveau A1, on se débrouille très bien sans guide de conversation scotché à la main.

Arrêter de bégayer devant le pharmacien

En cessant de viser la perfection, tout simplement. J'ai accepté de paraître un peu sotte au début, ce qui n'était pas rien pour une libraire habituée aux mots bien choisis. Avec Espagnol Express A1, j'avais assez de vocabulaire de survie pour ce genre de situation après quelques semaines de pratique régulière, parce que la méthode mise sur l'oral et la répétition plutôt que sur la théorie, ce qui convient parfaitement à quelqu'un comme moi qui réfléchit toujours trois fois avant de parler.

Maïwenn, une collègue de la librairie, me demande souvent où j'en suis, entre deux inventaires, avant de dériver immanquablement vers ses souvenirs d'auberges de jeunesse. Elle a bien raison de demander : après près de deux ans à pratiquer un peu chaque jour, je mesure la distance parcourue depuis mes deux séances ratées à la MJC. Si un jour vous sentez que l'espagnol est en poche et que vous voulez attaquer un autre sommet, j'ai entendu beaucoup de bien du Pack anglais Brillant [Si c'est l'anglais que vous visez] pour ceux qui veulent un parcours plus complet une fois qu'ils ont pris goût aux langues avec une méthode courte.

Pratiquer l'espagnol express dans sa cuisine avec un téléphone et une tasse de thé

La peur retombe plus vite qu'on ne le pense

Le pharmacien n'est pas là pour vous noter, il est là pour vous aider. Si vous confondez el et la, il s'en moque complètement. Ce qu'il veut savoir, c'est si c'est votre gorge ou votre ventre qui vous fait souffrir, rien de plus. La leçon que je retiens de cette après-midi à Madrid, c'est qu'on n'a jamais besoin d'être prête pour être comprise : il suffit d'avoir les cinq ou six mots justes, pas toute la langue.

Alors avant votre prochain départ, ne faites pas comme moi qui ai mis dix ans à m'y mettre. Commencez petit, parlez toute seule en faisant la vaisselle, répétez me duele la cabeza jusqu'à ce que ça sorte tout seul. C'est ce genre de petit effort, presque rien, qui transforme une situation de panique en simple anecdote de voyage. Si la libraire timide que j'étais y est arrivée, vous aussi. Prête à ne plus rester muette devant la croix verte ? Découvrez ici comment démarrer l'espagnol en douceur, sans pression, juste pour le plaisir de dire gracias et de voir qu'on vous a comprise.

Articles connexes